lundi 12 décembre 2005
La Mère.....
Comment imaginez-vous « la Mère », aujourd’hui disparue…. ?
Tenancière fellinienne d’un petit bistro lumineux des faubourgs (éternel « Rendez-vous des amis »), poitrine accueillante et verbe à la Cendrars, cœur rivé à la main et blondeur naïve …
Distribuant rasades de Brouilly et amour du prochain, élevant le
poing à la moindre injustice mais fondant au premier mot gentil…..
Emue
par l’étudiant désargenté et l’artiste maudit, troublée par l’œillade
ravageuse d’un bellâtre ou par le sourire joyeux de l’ouvrier….
Son
nid est chaud et bruyant, chacun est sûr d’y trouver sa petite place,
d’où qu’il vienne, du coin de la rue ou du bout du monde, échoué sur
les rives de Paris, laissé loin derrière ses rêves…
Debout à sa caisse, elle recueille quelques pièces et les petites confidences qui vont avec….
Elle calme les appétits et les bleus à l'âme, qui avec son pain, qui avec son être….
« Tu réparais les cassés, tu réconciliais les séparés, tu réjouissais les tristes, tu nourrissais les affamés...» Paroles presque christiques pour une amoureuse des causes perdues mais pour elle, toujours gagnées…..
Noël approche….combien d’âmes gelées par la vie auraient aimé se
réfugier au creux de la chaleur de cette
« Mère »… ? Et combien la
pleurent ce soir...?
(cimetière de la Mère-Lachaise...)
Recherche Google du jour: "boutiques Ladurée Paris" qui renvoit vers cet appétissant billet....
samedi 22 octobre 2005
Dessines Moi ?
L’espace de quelques minutes, l’enfant fait affleurer à sa peau son être secret, celui qu’il voit parfois dans le miroir, la vision magique qui le fait vibrer au moment de s’endormir….
Un félin, un super-héros, une fleur, parfois juste des formes éclatantes de couleurs….
Durant tout le temps que j’ai passé sous cette tente des
artistes-maquilleurs, j’ai été frappé par le sérieux des enfants se
faisant grimer….. Pas un rire, à peine une ébauche de sourire….
Certains accrochaient fort la chaise de leurs petites mains comme s’ils étaient chez le dentiste…. !
Chacun d’entre eux avait dans les yeux la gravité de devenir autre chose et rien ne semblait plus important au monde que cette métamorphose……
A la fin de chaque séance, leur regard n’était pas pour le petit miroir tendu mais plongeait directement dans les yeux de celui ou celle qui les avaient transformés…..Comme pour y chercher la vérité de ce qu’ils étaient devenus….
(Place de la Bastille avec la troupe de « Tableau Vivant »)
dimanche 16 octobre 2005
"J'veux des bisous....!"
On m’a parfois demandé pourquoi je ne parlais jamais de mon métier sur ce blog….
Tout simplement, parce qu’il s’agit de « Paris-émoi » et non de « gériatrie-émoi »….
Il s’agit donc d’une autre aventure…..
Mais ce soir , je fais une petite exception…
Une petite exception en mémoire de Germaine, décédée ce matin, dans son lit, après avoir pris son petit-déjeuner…..
Germaine était notre doyenne…..107 ans….
Germaine adorait chanter "Le Ptit Quinquin"….
Germaine n’avait que deux phrases en tête…
La première était « Je veux des bisous !»
Et si les bisous n’arrivaient pas assez vite, la deuxième était « je veux mourir !»…
Ses deux vœux ont été exaucés…..
Notre deuxième centenaire, Lucienne, ne connaît qu’un mot : « NON » !
Quelle que soit la question posée…..
De là à imaginer que ça conserve, il n’y a qu’un pas… !
(c'est ce qui s'appelle une "mise en abymes"....)
Les photos sont de J.M. Delage.
Un jour qu’il s’ennuyait à Saint-Denis, il a pris le tram et est descendu à Phuket, Indonésie….. Ca fait presque un an qu’il a perdu sa carte de transport….. !
vendredi 7 octobre 2005
Promenade à Stevaland...
Une autre manière de voir les graphs....
Invitation furtive dans un univers fait de légèreté et de langueur de fin d'été.....
Le voyage s'écrit de lui-même, entre insouciance et sérénité....
Les
mêmes impressions que j'ai eu en découvrant cette oeuvre presque cachée
au milieu d'une immense fresque saturée de couleurs et de fureur.....
(Graph de Fem1, rue Ordener)
mercredi 5 octobre 2005
Paris-Amélie...
Impossible d'arpenter Paris, depuis quelques années, sans penser à Miss Poulain !
Il ne s’agit pas seulement d’un film, apprécié ou pas, au phénoménal
succès, il s’agit d’abord d’un regard, d’une lumière qui émane d’elle
sur ce qui l’entoure, de la même tendresse visuelle que j’éprouve en me
promenant…
De la même sensation d’être un peu ondoyant dans un monde rectiligne, par ses formes et son esprit….
Un étonnement permanent sur les mélodies graphiques de la cité...
De petits détails qui semblent anodins parce qu’on ne les voit plus….. un sourire ou une attitude captés presque par réflexe, passer parfois au-delà du miroir des apparences de la ville, juste parce que le pas se ralentit et que l’œil se fait plus joueur…
Quand un trou dans le sol devient un cœur, une vitrine se faisant message d’amitié, un visage inconnu devenant soudain intime pour quelques secondes, une enseigne un clin d’œil personnel, les rimes des murs en écho aux rimes de papier….
Ce message un peu personnel me permet de remercier tous ceux et celles qui m'accompagnent, virtuellement et réellement, dans mes ballades... Certaines rues doivent s'en souvenir encore (et moi, pour plus longtemps encore)....!
Pour S., qui peint comme elle aime et qui n'est plus "la belette de personne"….
vendredi 30 septembre 2005
Roule ta vie....
Elles sont tout ce qu’on a envie d’imaginer chez des jeunes femmes en pleine forme….
Elles sont vives, enjouées, pleines de sourires confiants et de gestes gracieux…
On a envie de les prendre dans nos bras, de les faire danser, de faire pétiller encore un peu plus leurs yeux pailletés….
Mais pour cela, il faudra d'abord qu'elles quittent leurs fauteuils roulants…..
Sorties de boîtes, sorties de routes….
Jambes et vies fracassées…
Toute leur vie a basculé à partir de si minuscules mesures….
Quelques grammes d’alcool…. Quelques secondes de choc… Quelques millimètres de moëlle sectionnée….
Mais ne dit-on pas que, parfois, la vie ne tient qu’à un fil ?
(Défistival 2005)
mardi 27 septembre 2005
Chacun son horizon....
Une jeune fille et son petit chien se partagent l'horizon de leurs pensées....
Même l'esquisse de mon sourire aurait pu troubler cet instant....
(parc de Bercy)
mardi 20 septembre 2005
Fusion....
Elle a passé un long moment, debout, à couvrir son enfant de petits baisers posés du bout des lèvres, à promener doucement son nez dans son duvet…. Les mêmes gestes, répétés encore et encore, comme pour s’en imprégner….Lui susurrer des mots qui sont au-delà des mots eux-mêmes….
Si je m’étais approché encore un peu, je suis sur que je les aurais senti vibrer….
L’image ne le laisse pas imaginer mais il y avait tant de monde et d’agitation autour d’eux…. Et pourtant...
...Pourtant, je crois que jamais, je n’ai eu autant la sensation que rien d’autre ne pouvait exister autour de deux êtres en lien….
Le sentiment d’avoir assisté à la suspension du temps et l’espace de quelques minutes trop courtes, les ondes pénétrantes d’un amour infini…
(Square des Batignolles)
lundi 12 septembre 2005
Tous à croquer?
Croqueurs et croqués….
Avouons-le, Paris serait un tout petit moins Paris sans ces icones inamovibles de la culture touristique….
Eternellement installés entre loufiats à canotier et tables aux nappes Vichy, ils portraiturent, caricaturent, peignent et haranguent les hordes de badauds dans toutes les langues….
Sur quelques centaines de mètres pavés, une myriade de Sacré-cœur colorés, une nuée de portraits d’enfants et de caricatures de Bourvil…..
Et ces modèles d’un instant, le regard suspendu, le temps de quelques coups de crayon plus ou moins inspirés, dessinant plus le souvenir d’un passage qu’un visage….
Certains peintres admirent leur technique, celle de l'instantané.....
Comme ces images....
Et, pour ne pas faillir au folklore, tout ça se finit en chansons avec Arlette la tourneuse !
(et provoque des grattements de nez… Une petite allergie ?)
vendredi 9 septembre 2005
Ca tombe bien!
Allez, dites-moi, combien de temps avez-vous cru que les pots de fleurs tombaient tout seuls des rebords de fenêtres…. ?
Mais voilà ! Ce coup de malchance, qui a tant amusé humoristes et
dessinateurs pendant des décennies, n’en est justement pas un !!
En voilà la preuve, rapporté par le petit reporter de Paris que je suis parfois, dans mon plaisir de me promener avec vous…. !
Mais ce jour-là, j’ai joué de bonne chance car je dois cette image au regard amusé d’une jolie femme, attiré par le mouvement de ce petit fantôme….
Car infailliblement, suivre leur regard nous montre la voie….
Ceci étant dit, ça n’empêche pas de prendre des pots de fleurs sur la tête….. Et des coups de coeur aussi….
Mais les uns ne vont-ils pas sans les autres ?
(rue Constance)





















































