vendredi 14 novembre 2008
Récits de bain
Petite musique de salle de bains pour deux baignoires et un canard jaune...
Une Presque plus petite fille et un Bientôt père.
3 jours qu'ils trempent dans leur bain, dans leur bulle, avec comme seul interlocuteur un petit canard de bain...
Une sonnerie de téléphone retentit. Ils sont tétanisés.
La Presque plus petite fille attend l'annonce de la mort de son père chéri. Les souvenirs d'enfance affluent.
Le Bientôt père, l'annonce d'un heureux évènement. L'angoisse du futur le submerge.
Quelques extraits d'une petite pièce poignante et très graphique, magistralement interprétée par 2 acteurs inspirés, Marielle et Guillaume...

"Le sexe de la femme que j'ai aimée le jour la nuit.
Ce sexe-là traversé d'un enfant. C'est terrible, non?
Un enfant. Là!
C'est pas du tout sa place ! c'est ma place à moi !
J'ai grandi tout ce temps pour être à cette place !"
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"Je retiens mon souffle, mes souffles pour te les donner, Papa, je ne veux pas que ça soit ton dernier..."
"Il me laissait gagner. Toujours.
Il aurait du m'apprendre à perdre.
Il aurait du m'apprendre à le perdre..."
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"C'est risqué de remettre toute sa vie entre de si petites mains...
En plus, ça passe son temps à balancer tout ce que ça trouve un bébé.
Moi, je serais complètement cabossé.
Une vie en hochet, ça devient...
Je vais être secoué, secoué
et tant pis, tant mieux pour le mal de père !"
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"J'étais sa petite sirène aux yeux tournesols"
"je veux pas."
"je vais te plonger dans l'eau pour te ressusciter, comme quand petite, je plongeais les truites, celles du marché, pour qu'elles nagent autour de moi.
J'étais la reine des truites.
...La reine détruite..."
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"je sais pas ce que je porte sur les épaules pour être aussi voûté. J'espère que je ne lui donnerais pas ça !
Un poids qui fait regarder par terre. Que je ne serais pas ça pour elle"
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"J'ai cherché d'autres soleils, loin de mon père...
j'ai suivi tous les canards qui m'allumaient un peu, y en a qui éclairaient moins qu'un réverbère, ça faisait l'affaire...
Canard 1, canard 2...canard 68...je ne sais plus combien.
Les sirènes, c'est migrateur..."
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De et avec Marielle Rémy et Guillaume Servely (compagnie Hors-cadre)
"Récits de bain" fait partie d'un tryptique. "Récits de lit" précède cet opus et "Récits de table" est en cours de création.
Le texte intégral (lisible sans avoir vu le spectacle) est disponible aux Editions Les cygnes, 10€
J'étais avec Tatiana, en "service commandé" au Théatre 13, pour le festival "les Midi-minuit du conte"
mercredi 12 novembre 2008
Les "Midi-minuit "du conte
"Et si vous ne vous réveilliez pas vraiment aujourd'hui?"
Telle était la belle invitation des "Midi-minuit du conte", 2 jours-marathon organisés par le Théatre 13 et le centre d'animations Daviel, dans le 13ème arrondissement (et un grand merci à Rafik!)
Plus de 30 spectacles et interventions diverses, pour tous les publics, avides de poésie visuelle et de belles histoires...
Petit florilège...
Les notes de scène d'un conteuse pour tout-petits, Evelyne Albré.
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Un incroyable performer, Pierre Constantin, dont le défi consistait à croquer chaque instant du festival, puis à accrocher ses dessins partout où un espace était libre ! Impressionnant !
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Une formidable conteuse haïtienne, Mimi Barthélémy, agitant ses nuages...
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L'indescriptible burlesque de 3 shtroumpfettes bien agitées (compagnie "Par Has'arts")
Vous avez vu les garçons chez Tatiana...
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Rémy Boussengui, conteur aveugle, qui raconte la nuit de la forêt africaine...
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"Enforestation" ou comment un séminaire de remotivation se termine en jeu de massacre...!
A mi-chemin entre art de rue et théatre circassien, un délire signé Juilien Tauber et Sylvain Julien.
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Une très jolie idée: vous voulez faire une déclaration d'amour? alors demandez à Olivier Villanove de vous aider... Choisir sa carte, composer le texte et l'envoyer...
L'écrivain public d'amour d' "Amour en chantier".
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Et enfin, le meilleur pour la fin:
Un spectacle poignant, au visuel et aux textes forts, les "Récits de bain", par la compagnie Hors-cadre
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Et comme souvent, tout se termine en musique avec la fanfare jazz des "Papafard"...
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Je dédie ce billet à la toute jolie Adriana....
et à Tatiana, grâce à qui j'ai pu vivre tous ces instants magiques (sans parler des Ensiesteurs, des Kérogène vapeur, etc....)
mardi 30 septembre 2008
Mho ! et le secret de la petite forêt...
Un petit village africain, bordé par une rivière et une petite forêt...
La rivière s'assèche, il n'y a plus aucun animal à chasser dans la forêt, le village est affamé !
Mho, le pêcheur intrépide, va essayer de comprendre pourquoi et se rend compte, grâce aux arbres parlants, que le grand sorcier a vendu la forêt aux esprits malfaisants, en échange du pouvoir sur le village...
Merci encore à Anne-Claire, du Théatre aux Mains Nues (et dont j'ai déjà parlé ici), de m'avoir permis de suivre le spectacle de la compagnie congolaise "Conte Duo", composée des très chaleureux Dorient et Ulrich.
Les 2 marionnettistes se sont directement inspirés de l'histoire de leur village, littéralement vendu à une multinationale de bois précieux, en échange de nourriture, d'alcool et de privilèges divers...
Un spectacle saisissant et bourré d'émotions...

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Dorient Kaly et Ulrich N'Toyo
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mardi 9 septembre 2008
Zaïna, la diseuse de mots
"Il était des mots" dit la langue tirée....
Il était des mots de Zaïna, la diseuse de mots, qui vole d'espace en espace pour qu'on lui tire la langue... Une des nombreuses langues colorées de son extraordinaire costume-scène...
Alors une fois fait, Zaïna délivre une petite histoire, pleine de mots tordus et magiques, à mi chemin entre onirisme et paroles d'enfants....
Qu'elle les chante, qu'elle les slame, ou qu'elle les sifflote, les mots de Zaïna nous transportent au pays des Voyelles malpolies, dans une cour de récréation où un chef de bande se fait moucher par une fille qui connait les mots mieux que les poings, où la Lune est pleine de promesses....
Zaïna, cantatrice tour à tour truculente et émouvante, malicieuse ou grave, jouant avec un public conquis...
Elle raconte pourquoi les rivières insomniaques sortent de leur lit et chante la supplique de la pluie voulant caresser le ventre de la terre...
Un très grand moment d'opéra tragi-comique, dans le cadre de la 7ème édition de "Opéra des rues"...
Interprète: Maryseult Wieczorek
(dans le hall du centre commercial "Italie 2", Place d'Italie)
*
et le lendemain, dans la cour de l'hopital Saint-Antoine.
mardi 1 avril 2008
Nouvelle brève !
Lu dans la presse quotidienne très récemment et vécu en direct:
" Dénouement heureux d'une prise d'otages en plein centre de Paris.
Hier, en fin de matinée, un individu armé a pénétré dans cet entrepôt de chocolats, à la veille de Pâques. Après avoir pris le personnel en otage, il a exigé d'obtenir 200 kilos de nounours en choco-guimauve et son poids en Dragibus...
Très rapidement, d'importantes forces de police sont mobilisées et après des heures de négociations acharnées, l'idée est lancée d'utiliser un leurre, à savoir un agent déguisé en papillotte fourrée praliné.
Mais la Police n'eut pas besoin d'intervenir. En effet, d'après les employés de l'entrepôt qui ont rapidement témoigné, l'homme s'est effondré, ivre mort, après avoir ingurgité une quantité importante de Mon Chéri, pour tromper l'attente durant les tractations...
Les otages ont donc pu sortir de l'entrepôt, sains et saufs, sans aucune violence. Et ce d'autant moins, que le pistolet du malfaiteur était fait avec de la réglisse malaxée. "
jeudi 20 mars 2008
La compagnie Drio
Sur un air de guitare espagnole d'une beauté prenante, des gestes d'une infinie douceur pour animer cette marionnette aux articulations complexes...
Le petit bonhomme un peu triste doit brancher son micro pour chanter quelques notes et remercier son public...
(Parvis de Beaubourg)
Et aussi chez Tata l'Oeil...
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J'ai retrouvé avec plaisir la compagnie Drio (Pierre Jackson et José Canavates), connue quelques mois avant au "Théâtre aux mains nues", seul lieu parisien exclusivement consacré aux marionnettes et tenu de main de maître par un très grand marionnettiste, Alain Recoing.
*
Et parce que Paris vaudra toujours un poème au printemps:
"J'aime ma ville à six heures
Quand le métro parle wolof et bambara
A dix heures
Quand les musées parlent russe et japonais
A midi
Quand la pizza parle Espagnol et hindi
L'àprès-midi
Quand la rue parle tamazghit et tamoul
J'aime ma ville à minuit
Quand je cherche ma rue
J'aime ma ville
Quand je ne la comprends plus"
Jean-paul R.
mardi 26 février 2008
Tu n'es plus là...
Tu es là quand je me lève chaque matin...
Parce que tu m'en donnes la force.
Tu es là dans chacun de mes pas...
Parce que je n'ai jamais su marcher sans toi.
Tu es là à chaque respiration...
parce que tu es mon épaule, mon ventre et mon coeur...
Tu es là dans toutes les autres que je croise...
Parce qu'il n'y a jamais eu que toi.
Mais quand je suis assis là, tu n'es plus là.
Et ma douleur n'a d'égale que ton absence.
A jamais...
***
(Au Père-lachaise)
mardi 12 février 2008
Le cul de Bertha
Ah ben parlons-en, du cul de Bertha !
J'ai eu l'honneur d'y habiter quelques années...
Rond comme un ballon, avec une magnifique fossette à champagne, que j'ai rempli tant et plus de bulles légères pendant qu'elle riait aux éclats en me suppliant d'arrêter de laper !
Il était moelleux et si ample comme l'édredon des petits matins givrés de Montmartre...
Il était si doré que j'y aurais écrit notre vie à l'encre de Chine, en prenant tout mon temps et que je l'aurais relu en braille, indéfiniment... Calligraphie callipyge...
Il était si doux que je le caressais même en rêve pour mieux m'éveiller à ses côtés, encore plus rêveur....
Il était beau à être chanté par Brassens et peint par Rubens...."
"Eh M'sieur? "
"Hein! Quoi?"... Sursaut
"Terminus ! Faut descendre !"
"Oh! Merci ! Désolé..."
"Eh m'sieur?"
"Oui?"
"Vous parlez en dormant"... Sourire
Bon, pourquoi je racontais ça, moi??
Ah oui !
Savez-vous comment s'appelle maintenant cette impasse du 3ème arrondissement, qui abrite un très joli petit musée et un nouveau jardin parisien, au jeune marronnier célèbre?
(je sais, j'aurais pu faire un effort d'illustration mais il y a des yeux innocents qui passent sur ce blog...)
***
Ecrit à la manière d'une "bluette" de NathPointG, une révélation littéraire par son formidable recueil de petites nouvelles acides "Ils s'aiment" (aux éditions Amalthée) !!
samedi 26 janvier 2008
Casque intégral et petit vélo...
Ils essaient de pénétrer mon esprit mais ils n'y arriveront pas !!
Ca fait des années que je leur échappe... Ils ont bien failli m'avoir plusieurs fois mais je suis plus fort qu'eux! Salopards !
J'ai mis mon casque spécial, celui qui arrête leurs ondes cérébrales et les renvoie vers le ciel...
Je dois me mettre plus haut que les autres humains...
Les autres humains? Si peu ! Des rats rampants tous acquis à la Cause !
ils n'auront pas mes pensées ! Pas mes secrets ! Déjà qu'ils prennent toutes les formes pour me piéger !
Tiens, regarde-la elle ! Elle vient d'ouvrir son parapluie rouge, je sais que c'est pour moi. C'est un signe... "il est là, soyez prêts !"
Et lui, là, salaud!! Arrête de me prendre en photo !! Si tu veux savoir ce que je pense, tu n'as qu'à m'envoyer ton Maître, j'ai une surprise pour lui !
J'en ai encore rectifié une au couteau mais son Maître avait eu le temps de fuir son corps...
A chaque fois, ils arrivent à s'échapper ! Mais comment font-ils ?? Combien faudra-t-il de sacrifiés??
Les oiseaux se parlent? J'en suis sur maintenant... Je commence à capter des bribes de leur langage... Ils parlent de moi, ils caquètent des codes et des algorithmes pour m'obliger à répondre!
Le casque n'agit plus, je sens mon cerveau couler...
Il faut que je parte ! Vite !!!
Ils savent où j'habite mais je ne mourrais pas pour rien... Pas sans me battre !
Librement inspiré d'un fait divers réel, conte de la folie ordinaire et meurtrière que j'ai connu il y a longtemps...
Mais aussi des 100 premières pages du terrifiant pavé de Maurice G. Dantec, "Les racines du mal" qui raconte la même folie...
(pont Saint-Louis)
samedi 12 janvier 2008
en 2 temps, 3 mouvements...
Petite science amusante...
1er mouvement: perturbation massive du champ de vision
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2ème mouvement: confirmation visuelle de la perturbation
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3ème mouvement: persistance de la perturbation et élaboration d'un jugement intérieur...
... et mathématiquement, cassage intégral de roupettes si la confirmation persiste trop longtemps ou si le jugement met un peu trop de temps à s'élaborer...
(avenue Victoria)



































